Une belle aventure..

Lorsque la passion anime les êtres, il ne peut en sortir que du "Merveilleux" !

Il n'y a alors dans le cur, aucune place pour la mesquinerie ou la bassesse.
C'est dans cet état d'esprit qu'en 1987, une poignée de comédiens enthousiastes créa la Compagnie Florestan. Poussée par le même désir de monter sur les planches, de produire des spectacles originaux, de diversifier leur répertoire et de former de jeunes comédiens en leur communicant l'amour du théâtre; la Compagnie a joué la carte de la qualité.
C'était une gageure ! En effet, il existait déjà à Monaco des institutions établies depuis de nombreuses années et même si la Compagnie Florestan correspondait à une demande du public, elle a dû surmonter de nombreux obstacles pour se faire reconnaìtre. Il fallait dépoussiérer les idées reçues et les membres de la Compagnie devaient supporter une mise à l'épreuve qui dura trois ans ! Trois longues années durant lesquelles tous les comédiens se sont démenés pour trouver des lieux de répétition, des salles de cours, des sponsors. Ces efforts portaient rapidement leurs fruits et après le succès de "Colombe" de Jean Anouilh représentée au Théâtre Princesse Grace en présence de S.A.S. le Prince Rainier III, venu encourager les Comédiens, la troupe enchaìne sur de nombreux spectacles.
En 1988, "Les Bons Bourgeois" de René de Obaldia (Molière du meilleur auteur de théâtre en 1992) et en 1989 "Double Jeu" de Robert Thomas encouragé une fois de plus par leurs Altesses le Prince Rainier, Le Prince Albert et la Princesse Stéphanie.
Bien que depuis 1987, la troupe ait monté ses spectacles en répétant dans les lieux les plus étonnants : caves, bars, salles de sport, bibliothèques leur qualité force l'admiration ; la Compagnie triomphe et son succès est indéniable ; les spectateurs ravis et nombreux se fidélisent rapidement et la presse n'hésite pas à la couvrir d'éloges qui n'ont pas tari depuis. Chacun remarque l'audace de la troupe qui ne choisit jamais la facilité en composant son répertoire de pièces dont les rôles sont le plus souvent redoutés par les comédiens les plus confirmés et dont les auteurs n'autorisent aucun à peu près dans la mise en scène.
La Compagnie Florestan avait fait ses preuves et en 1990, le Gouvernement Princier démontre sa confiance en lui attribuant un vrai local. La troupe ne se contentera pas de quelques succès éphémères nés grâce à quelques passionnés ; elle assurera sa "descendance" par la formation de jeunes comédiens. C'est ainsi que les membres fondateurs de l'association, Michel Daner, Carmen Ratti, Clélia Pastor, Jean-Michel Rosa, Jacqueline Devissi et Danielle Daumerie ont assuré l'organisation et la gestion de cette nouvelle institution.
Depuis, de nombreux comédiens en herbe, attirés par le succès des représentations et par le charisme des animateurs, sont venus se joindre à la troupe.
En 1991, Danielle Daumerie décide d'intégrer comédiens confirmés et débutants dans une pièce de Marcel Achard : "Voulez vous jouer avec Moa ".
En 1992, Michel Daner pousse l'expérience encore plus loin en montant "Les Jours Heureux" de Claude-André Puget, joué uniquement par les jeunes du cours. Le Gouvernement Princier manifeste une fois de plus son contentement en attribuant une nouvelle salle, plus grande où la Compagnie peut mieux organiser ses cours, ses répétitions, fabriquer ses décors et ses costumes, bref un véritable lieu de travail !
L'année suivante, en hommage à la Princesse Grace, la troupe décide de s'attaquer à un "monument" du théâtre américain : "Qui a peur de Virginia Woolf" d'Edward Albee. Bien que tout le monde ait encore en mémoire le film avec R. Burton et E. Taylor, le metteur en scène Clélia Pastor a su imposer son style et le jeu de ses comédiens. Les journaux conquis titraient alors : "La Compagnie Florestan a admirablement gagné son pari" et personne n'a oublié le compliment de Patrick Hourdequin, Directeur du Théâtre Princesse Grace, frappé par la justesse de ton du quatuor : "Ils sont à la hauteur des précédents interprètes". Dès lors la troupe est invitée à se produire dans plusieurs grandes salles de la région.
L'année 1994 fut celle des engagements. Les évènements se multiplient. Michel Daner forme dans son cours une trentaine de comédiens et réalise avec eux, un film au profit de la lutte contre le SIDA : "Il faut leur dire".
Parallèlement, Danielle Daumerie monte une soirée René de Obaldia, auteur fétiche de la Compagnie avec "Le défunt" et "Grasse Matinée". Les bénéfices de ces soirées seront reversés à l'association SIP (Sida Information Prévention).
Mais cette saison n'a pas été marquée que par des événements heureux : en décembre? Michel Daner, fondateur de la Compagnie, figure charismatique de la troupe, décède brutalement d'un infarctus, laissant les siens d'abord et la Compagnie tout entière dans le désarroi le plus total.
En 1995, les comédiens et leurs metteurs en scène réalisent un spectacle très émouvant en hommage à leur ami, à la Salle des Variétés. Les bénéfices furent entièrement versés à l'association de prévention contre le SIDA, "Il faut leur dire" dont Michel Daner était aussi l'inspirateur mais qu'il n'eut pas le temps de voir naìtre.
Cette période difficile fut marquée par une réorganisation nécessaire de la Compagnie menée par la nouvelle équipe dirigeante, réunie autour de son nouveau Président Jean-Michel Rosa.
Dès 1996, la compagnie sort de sa torpeur. L'année est brillante ! Tout d'abord, une pièce en hommage à Michel Daner, son auteur ; "Deux plus Deux", mise en scène par Jean-Michel Rosa et jouée à la Salle des Variétés à Monaco, au Festival de la Comédie à Vedène dans le Vaucluse, au Festival de Menton et enfin, pour l'inauguration du Théâtre Michel Daner à Beausoleil.
Ensuite, "La Visite" de Victor Haïm mise en scène par Bénédicte Boileau est jouée à Monaco, Menton, Vedène.
"Un si joli petit voyage" de Yvane Daoudi, "La demande en mariage" de Tchekhov montée spécialement dans le cadre d'un échange culturel avec la ville de Vedène et enfin, la saison se termine par "L'aigle à deux têtes" de Jean Cocteau mis en scène par Christophe Brico et jouée à la Salle des Variétés.
1997, l'année du 10ème anniversaire de la Compagnie Florestan ! Pour cette occasion importante, il faudra choisir une pièce représentative de toutes ces longues années de travail, de peine et d'amour du théâtre où toute la Compagnie pourrait se regrouper autour d'un même spectacle, actuel, insolite, fort, émouvant, drôle, créatif, original et qui, si possible, serait porteur d'un message! Pas facile !!!
En lisant les pièces de Jean-Paul Allègre, un des auteurs contemporains les plus joués en France et à l'étranger, Danielle Daumerie s'est arrêtée sur "Des Histoires à Lire Debout", une histoire insolite, de livres "humains" qui s'éveille la nuit dans leur bibliothèque et traitent avec humour et sensibilité d'un thème grave : "la disparition des livres et de la lecture dans notre société".
Cette "superproduction" fut marquée par des décors et des costumes somptueux entièrement réalisés par les comédiens et mise en valeur par des éclairages féeriques, une ambiance surnaturelle, des musiques envoûtantes, 26 comédiens sur scène.
La Compagnie au complet a travaillé d'arrache-pied pour que ce spectacle soit un succès Ce fut un triomphe !
Après la série habituelle de représentations, la troupe fut obligée, à la demande générale de donner une représentation exceptionnelle jouée "à guichet fermé" !
S.A.S. le Prince Rainier, qui se déplaçait pour la première fois à la Salle des Variétés pour une pièce de théâtre, fit parvenir ses compliments aux comédiens en soulignant l'excellence du travail accompli par le metteur en scène. Le soutien du Prince Rainier, depuis sa création fait d'ailleurs la fierté de la Compagnie. Parmi les autres invités prestigieux à cet anniversaire se trouvaient Monsieur Aribaud, Ministre de l'Intérieur, Monsieur Rainier Rocchi Directeur des Affaires Culturelles et, grande fierté aussi pour la troupe, Jean-Paul Allègre, l'auteur de la pièce, qui délaissant son théâtre parisien a été conquis par la performance de la Compagnie !
La saison 1998 se devait de confirmer l'exceptionnelle qualité du travail accompli auparavant ! Le Conseil d'Administration nouvellement élu était enthousiaste à la pensée de projeter la Compagnie dans le Futur ! Quelle meilleure idée alors que de tirer nos forces de nos ancêtres les plus prestigieux et de monter un grand classique ! Le plus grand ! Molière ! Le choix se porta sur "Les Précieuses Ridicules".
Une fois de plus, la troupe toute entière se met au travail pour réaliser ce projet ambitieux. Danielle Daumerie, nommée entre temps Chevalier de l'Ordre du Mérite Culturel, s'est attaché tout particulièrement à respecter la tradition classique tant dans le jeu des comédiens que dans les décors et les costumes somptueux ! Une réussite de plus ! Le public était au rendez-vous à la Salle des Variétés qui affichait complet. Ainsi plébiscité, ce spectacle fut demandé au Théâtre Princesse Grace, habituellement réservé aux tournées professionnelles, pour une représentation en faveur des victimes du tremblement de terre à Assise, soirée organisée en collaboration avec le Zonta Club International.
Toujours fidèle à son engagement, la Compagnie Florestan reversa l'intégralité de son cachet pour soutenir cette noble cause.
Après plus de dix ans d'existence, la Compagnie Florestan jouit désormais d'un grand prestige, conquis grâce à sa générosité, son engagement humanitaire, son désir de partager avec le plus grand nombre sa passion du théâtre, sa volonté de promouvoir les jeunes auteurs auxquels elle croit, mais surtout à son exigence au niveau de la qualité des spectacles qu'elle produit.
Conscient de tous ces atouts, le Gouvernement Princier, qui logeait et subventionnait déjà l'Association, a mis cette année-là, à sa disposition de superbes locaux où la Compagnie s'est installée fin février 1998. Elle y terminera le programme fixé pour la saison 1997/1998 à la dernière Assemblée Général : "Bombu" drame philosophique de Claude Mercadié en avril, "Deux femmes pour un Fantôme" de René de Obaldia, "Le Rendez-Vous de Senlis" de Jean Anouilh, "Les Jours Heureux" de Claude André Puget (juin), "A l'Aid's" d'Alexandre Papias au profit de la lutte contre le SIDA (octobre). Sans oublier bien sûr, l'engagement qu'a pris cette année, la Compagnie Florestan, d'organiser un stage de théâtre pour les handicapés mentaux début mars. Un programme ambitieux !
La diversité et l'éclectisme sont les maìtres mots du progrès, la Compagnie Florestan poursuit ce but et son seul désir est de Continuer sa
belle aventure !